Mathilde Amilhat
Cèdre


2025
Tempera à l'oeuf sur toile encadrée
134 x 94 cm
Signes et griffures sur la toile. La peinture à l'oeuf au bout du pinceau. Le pinceau au bout de mes doigts, mes doigts au bout de mon corps. Et dans mon corps, sur mon corps et loin de mon corps, ce lien continu, cet attachement vers/avec cet arbre là-bas.
Les griffures de ses anfractuosités, les aiguilles de ses échardes, les visages de ses ombres, l'écriture intraduisible de son histoire. Il est comme un guide, il rythme mes gestes. Il est écho, il m'échote. Je l'échote.
Ce qui se tisse là est flou et indistincte mais il y a quelque chose quand même. Pas rien. Il y a aussi cette attente, cette frustration et cette fatigue parfois. Les repères/repaires sont nombreux avant que je pose le pinceau, mais ce qui est écrit après est radicale-ment différent.
Paysages

2024
Tempera sur papier journal encadré sous verre
40 x 30 cm
Renouer avec une figuration d'apparence. Au petit pinceau chercher les détails du sous-bois, s'approcher.
Comme dans la forêt croire au territoire mais ne percevoir que des êtres singuliers et pas toujours distinctes, des perspectives tronquées.
Grand chêne Thoumet
2021
Tempera à l'oeuf sur toile libre
160 x 300 cm
Au dessous du chêne, on est comme surplombé par l'épaisseur massive des branches. Elles s'étendent comme des plateaux superposés en portant des rameaux qui se tendent vers la lumière mais qui ne se touchent pas.
Cet ensemble en équilibre laisse descendre un rideau d'apaisement et de murmures, un espace temps différent, autre.
Quand je tends la toile sur son tronc, c'est comme si je posais une peau incongrue sur son écorce. Je le panse, je le protège d'un oubli peut-être. La toile gomme les aspérités. C'est ma craie qui vient les révéler sur la trame.
Ombre sur clair, dans le vent d'octobre.
Mes doigts deviennent noir graphite. Et une image étrange de l'arbre apparaît peu à peu, comme floue et contrastée et sans la couleur vraie. Une ombre de l'arbre, un non portrait qui ne relate que ce qui dépasse et rien de ce qui est en dessous. Une bien curieuse déclaration de mon impuissance à pénétrer sa conscience d'arbre.
Il se passe pourtant des choses au travers de cette peau. C'est un support de contact et d'échange entre sa multitude et la mienne. Une porte qui appesantie (donne du poids à notre proximité) et un contact qui m’apaise aussi.
Nous avons des conversations dont je ne sais pas dénouer si les réponses que j'entends sont les miennes ou les siennes. Saurais-je jamais si ces conversations ne sont que celles que je me tiens à moi-même ?





Tempera à l’œuf sur toile 20 x 20 cm

Tempera à l’œuf sur toile 20 x 20 cm

Tempera à l’œuf sur toile 20 x 20 cm

Tempera à l’œuf sur toile 20 x 20 cm

Tempera à l’œuf sur toile 20 x 20 cm

Tempera à l’œuf sur toile 20 x 20 cm

Tempera à l’œuf et broderie sur toile 20 x 20 cm
Recherches
2018- 2021
Tempera à l’œuf sur toile
et parfois broderie
20 x 20 cm

Orme ami
2018
graphite sur toile
encadrée sous verre
80 x 115 cm
Un faisceau, un concours, des éléments disparates qui s'assemblent soudain grâce à la seule présence des enfants émerveillés.
Et aussi, dans le jardin cet orme libéré de la haie mille fois rognée qui l'étouffait.
Le jeune orme est devenu un compagnon de création dans cette découverte des liens qui se nouent maintenant avec tant d'arbres.
Il a été mon mentor dans la recherche des détails et des échos, des anfractuosités et des graphies, chacun d'entre nous deux s'exprimant avec ces mots, ces élans, chacun dans sa langue cachée, tellement mystérieuse.
Il m'a aidée à trouver la matière et le temps qui façonnent mon travail maintenant.












