Mathilde Amilhat

Le Rhizome et le repas du désastre
Hall du château de Blagnac (33)
2026
Sans rebondissement, le rhizome s'étiole et meurt. Il a besoin de cycles et d'espace et de saison.
Il pousse donc. Dans le château, installé dans le hall, chaque jour il gagne du terrain, vers le corridor, sur le repas du désastre.
Et si, on incrimine souvent le capitalisme comme cause du désastre, il existe des visages et des noms bien réels de responsables bien réels. Ne pas les nommer nous retire notre capacité d'agir. On ne se bat pas contre une idéologie mais contre ceux qui l'incarnent, qui ont la richesse et/ou le pouvoir, et donc aucun scrupule.
Donner un corps tangible aux luttes rhizomatiques en créant le Rhizome des luttes, c'était déjà affirmer qu'il existe et en faire un vecteur puissant. Lui inventer une agentivité nous donne de la force.
L'installation prend alors tout son sens. Elle est ancrées dans notre temps, relie les émotions, les victimes et les révoltés et les ligues contre ceux qui nous emmènent de force là où nous ne voulons pas aller.

Rhizome des luttes
Cave du château de Blagnac (33)
2025
Le rhizome est un cordon végétal qui
s’étend, sous-jacent, invisible... et très
efficace.
Une plante rhizomatique peut rester en latence sous terre et ressurgir quand tout le reste a disparu. Ces cordons dures et coriaces comportent des nœuds réguliers desquels peuvent émerger des racines, une bifurcation ou une délégation vers l’extérieur, le ciel et la lumière.
Ces délégations sont peu nombreuses au
regard de la longueur de ce par quoi elles
sont portées. La force est dessous, sous-jacente, invisible, multiple.
La force est autre, ailleurs. Et elle s’étend.
Le rhizome, c’est un lien, résistant, solide et explorateur.
Dans « L’insurrection qui vient » le Comité Invisible parle de « Luttes rhizomatiques». C’est une image forte et évocatrice : elle crée des liens sous-jacents entre les luttes, entre les points de vue, entre les personnes engagées et leur manière de l’être. Et elle montre la solidité de ces liens, leur capacité d’adaptation, leur force.
Et peut-être que voilà ma place. En tant qu'artiste, je donne corps et existence tangible à des pensées, des rêves, des désirs et des liens. Je donne à voir cette force.
























